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Sala el Bali · سلا

La Médina de Salé

La ville ancienne. Sala el Bali.

La ville ancienne

Ce que le tourisme
a contourné

Salé est une ville que le tourisme a oubliée — ou plutôt contournée. Sa médina millénaire, ses ruelles chaulées, ses mausolées andalous : tout existe, intact, à quelques pas de l'Atlantique.

Ce n'est pas une médina-musée. Ses métiers : tissage, maroquinerie, poterie existaient avant le tourisme et continuent sans lui. C'est une médina qui travaille, et qui se laisse regarder vivre.

Salé, rive nord du Bouregreg, face à Rabat. Dix siècles de médina au bord de l'Atlantique — et l'une des villes du Maroc les moins touchées par le tourisme de masse.

Ruelle de la médina de Salé © Medina Factory
سلا

Ruelles chaulées, seuils bas, plâtre crème — la médina au quotidien.

Deux rives, un fleuve

Sala el Bali —
deux villes, une histoire

Salé et Rabat forment une seule agglomération, séparées uniquement par le Bouregreg. Deux rives, deux caractères. Salé est la ville qui avait donné son nom à l'autre, Sala el Bali face à Sala Jdid, et qui n'a pas eu besoin de changer d'identité pour survivre. De l'autre côté du fleuve, Rabat est devenue capitale, boulevard, ambassade. Salé est restée elle-même. Au XVIIᵉ siècle, les Morisques expulsés d'Espagne s'installèrent à Salé et y fondèrent, avec les corsaires locaux, une République indépendante. Le quartier des Andalous encore visible aujourd'hui garde la mémoire de cette installation. Jusqu'à la pierre qui les unit, la calcarénite locale utilisée pour bâtir les deux villes porte un nom : la pierre de Salé.

Salé SALA EL BALI Rabat SALA JDID BOUREGREG ATLANTIQUE
Le Bouregreg sépare la médina de Salé de la capitale
1624 — 1668

Histoire —
La République de Salé

Entre 1624 et 1668, Salé fut une République indépendante.

Fondée par les Morisques — musulmans andalous expulsés d'Espagne — et les corsaires locaux, la République de Salé s'affranchit des sultans marocains et gouverna elle-même. Ses corsaires rançonnaient les navires européens jusqu'en Islande et en Irlande. Ses ambassadeurs négociaient des traités avec la France, l'Angleterre, les Pays-Bas.

Ce n'était pas une ville de pirates.
C'était un État.

Bab Mrissa — la Porte de la Petite Mer — en est le témoignage le plus visible. Cette porte maritime mérinide du XIIIᵉ siècle ouvrait directement sur un arsenal naval : les bateaux corsaires entraient chargés en médina, déchargeaient, repartaient.

En face, le Borj Adoumoue — le Bastion des Larmes — veillait sur l'embouchure. Les flottes européennes qui tentaient de forcer le passage n'y parvenaient pas toujours.

Dans les murs

Ce qu'il y a à voir

01

Les remparts almohades

La ligne de pierre ocre qui ferme la médina, dressée au XIIᵉ siècle et tenue debout depuis.

02

La Grande Mosquée

Parmi les plus anciennes du Maroc. Élevée au XIIIᵉ siècle, son minaret veille sur le vieux Salé.

03

Le Mausolée de Sidi Abdellah ben Hassoun

Le vrai saint patron de Salé. Protecteur des voyageurs, son mausolée en zelliges bleus et blancs est un des lieux les plus intimes de la médina.

04

Le Complexe El Oulja

Village de potiers au bord du Bouregreg. Argiles locales, tours à main, fours à bois — et des ateliers de vannerie et ferronnerie dans la même enceinte. C'est ici que naissent les Tajines Slaouis : la faïence rouge émaillée qui a rendu la poterie de Salé célèbre dans tout le Maroc.

05

Le quartier Qçatla

Qçatla — déformation de Qashtala, Castille en arabe. L'ancien quartier des familles andalouses, certaines présentes depuis l'ère mérinide, d'autres arrivées avec la vague morisque du XVIIᵉ siècle : Zniber, Fennich, Bensaid. Pas de panneau, pas de signal. Juste des ruelles, des portes travaillées, des cours intérieures invisibles depuis la rue.

06

Bab Mrissa

La Porte de la Petite Mer. Mérinide, XIIIᵉ siècle. Les bateaux corsaires y entraient directement depuis l'océan pour décharger en médina. L'arsenal naval est aujourd'hui en cours de réhabilitation.

07

La Médersa Mérinide

Élevée en 1341 sous le sultan Abou el-Hassan. Stuc ciselé, cèdre sculpté, zellige au sol — l'un des rares monuments mérinides accessibles au public à Salé.

08

Le Moussem des Cierges

Procession annuelle unique au Maroc, classée patrimoine immatériel national et candidate à l'inscription UNESCO. La veille de Mouloud, Salé défile à la lumière des cierges géants portés par les confréries.

09

La Zaouia Tijania

La confrérie soufie Tijaniyya rayonne sur toute l'Afrique subsaharienne depuis Salé. Non accessible aux non-musulmans — mais sa présence silencieuse structure tout le quartier.

10

Bab Fès / Bab Lakhmiss

La plus ancienne porte de Salé. Époque almohade, XIIᵉ siècle. De l'autre côté : la ville moderne. Se retourner depuis l'extérieur et regarder la médina — c'est le geste juste.

Préparer sa visite

Pratique

Meilleure période

La médina de Salé se visite toute l'année. La meilleure période s'étend de mars à novembre : l'Atlantique tempère les étés, sans la chaleur écrasante de Marrakech ou Fès. L'hiver est doux mais les journées raccourcissent.

Comment venir

Aéroport Rabat-Salé (RBA), à une courte course de taxi — il se trouve sur la rive de Salé même, on atterrit donc dans la ville. Agrandi récemment, il dessert un nombre croissant de liaisons directes avec l'Europe. Depuis Casablanca, le train dessert la gare de Salé directement. Le tramway Rabat-Salé relie les deux rives et dessert la médina. La médina elle-même se parcourt à pied — aucune voiture n'y circule.

دار المحيط

Presque tous les riads de référence au Maroc sont dans des villes de l'intérieur — Marrakech, Fès, Meknès. Salé est une médina atlantique.
Le large n'est pas un décor : il est dans l'air, dans la lumière du matin, dans le nom du riad.
Dar El Mouhit — la maison de l'océan.

Séjourner

Dar El Mouhit vous accueille
dans cette médina.